De nuit comme de jour, la luminosité est implacable. La nuit, tous les chats y sont orange et lorsque le jour se lève, la lanterne à vapeur de sodium reste allumée, rajoutant son grain de lumière à l'affaire. Le seul échappatoire se trouve en bout de rue : un cul-de-sac sans éclairage public sur quelques dizaines de mètres. L'espace est accessible à tous, pourtant rare sont ceux qui s'y aventurent. A moins que l'on soit vraiment pris d'une envie pressante, cette forteresse d'ombre tient en respect. La chose fut communiquée aux pouvoirs publics par le représentant des habitants de la rue : On ne s'y sent pas en sécurité. Les gens font demi-tour dès que l'éclairage publique s'arrête. Un jour, il va y avoir un vol, un viol, voire pire. Depuis quelque temps, on y a aperçu des individus se rendant sur place la nuit, lampes de poches à la main. Je ne sais pas ce qu'ils cherchent mais ça ne peut pas être bon. Depuis ma fenêtre, je les entend chuchoter. Une pétition s'est mise à circuler dans le quartier pour qu'on fasse pleine lumière sur le cul-de-sac de tous les mystères.

Hier soir, ils sont revenus. La police est descendue sur place et a embarqué une dizaine de personnes. Direction le poste. Ils avaient un étrange matériel avec eux. On est peut être passé près d'une tentative terroriste, qui sait ? Quelqu'un m'a dit avoir même aperçu des enfants. Deux heures plus tard, plusieurs hommes sont relâchés. La presse leur pose la question qui est sur toutes les lèvres. L'un d'entre eux se lance :Qu'est ce qu'on faisait là ? Eh bien, nous tentions de localiser Lovejoy.... Services secret ? Huissiers de Justice ? Règlement de compte mafieux ? Les journalistes et les habitants se regardent, au cas où quelqu'un serait davantage au parfum. ...Lovejoy est une comète poursuit-il. La commune a promis un éclairage public avant la fin de l'année. Le club d'astronomie du coin, lui, devrait chercher à localiser un autre cul-de-sac.